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Index des articles > Après-Mines > La remarquable lucidité de Michel dès 2007 !

Article posté par Bernard


La disparition de Charbonnages de France

COLLECTIF ENVIRONNEMENT MOSELLE-EST le 22 septembre 2007
Michel CHARDON



Communiqué de presse

Dissolution des Charbonnages de France
L'heure n'est pas, et de loin, au solde de tout compte





A la veille de la dissolution des Charbonnages de France en fin d'année, de nombreux habitants de Moselle-Est s'interrogent sur l'héritage, que les Charbonnages vont laisser à la région après en avoir été un facteur principal de richesse.

Dans le domaine de l'environnement, vocation première du CEME (Collectif Environnement Moselle-Est), l'heure n'est pas, et de loin, au solde de tout compte.

Après l'arrêt de l'exploitation minière, les Charbonnages ont commandé de nombreuses études et réalisé d'importants travaux visant à réduire les impacts futurs de la fin de l'exploitation minière. Pour autant, est-ce que ces dispositions règlent tous les problèmes ? Pour le CEME (Collectif Environnement Moselle-Est), bien évidemment non !

Au niveau juridique, les associations du CEME (Collectif Environnement Moselle-Est) sont à l'initiative de plusieurs contentieux devant le Tribunal Administratif de Strasbourg contre les arrêtés préfectoraux autorisant les Charbonnages à procéder à l'arrêt des exploitations minières. Est notamment en cause l'insuffisance des études de risques fournies par les Charbonnages : pollution des forages d'eau potable et de la nappe, pollution de la Rosselle, du Merle et de la Bisten, risques d'inondations et de mouvements de terrains…. La balle est dans le camp de la justice.

Sur le risque inondation, le CEME (Collectif Environnement Moselle-Est) estime que les études actuelles minorent les effets de précipitations brutales s'accumulant dans les cuvettes d'affaissements miniers et freinées par des goulots d'étranglement à la sortie (secteur de Merlebach à Petite-Rosselle par exemple). La DRIRE, dans cette optique, a ordonné aux Charbonnages des études complémentaires qui seront présentées au GIATM (Groupe d'Information sur l'Arrêt des Travaux Miniers) d'ici la fin de l'année. D'ores et déjà, la DRIRE a commandé le rehaussement d'une digue.

Sur la pollution éventuelle des forages d'eau potable par remontée du niveau de l'eau polluée du fond de la mine, les Charbonnages indiquent que l'eau du réservoir minier entrera en contact avec la nappe phréatique d'ici 2009 pour La Houve et 2011 pour les secteurs Centre et Est et que les mesures prises éviteront toute contamination. Pour le CEME (Collectif Environnement Moselle-Est), d'une part, une grande vigilance sera nécessaire, à cette échéance, pour vérifier l'efficacité des mesures prises et pour contrôler la qualité des eaux brutes dans les forages d'eau potable.
D'autre part, les mesures qui consistent à pomper les eaux de mines, et à les renvoyer au milieu naturel après lagunage, risquent de s'accompagner de la dissémination de polluants chimiques dans l'environnement et, in fine, … de pollution de la nappe phréatique par le haut et non plus par le bas.
En effet des tonnes de produits chimiques ont été utilisées dans la mine et les déchets en résultant ne seront pas éliminés par le seul lagunage.

Sur la pollution généralisée de la nappe phréatique
Indépendamment des eaux de mines, la nappe phréatique est fortement impactée par la pollution des sols. C'est déjà le cas sous les usines chimiques, les cokeries, les bassins…
Pour le CEME (Collectif Environnement Moselle-Est), la dégradation de la ressource en eau n'est malheureusement pas à la veille de se résorber et il faudra gérer l'héritage de la mine pendant des décennies.

Sur la stabilité des terrains, le CEME (Collectif Environnement Moselle-Est) note que des nombreux mouvements sismiques continuent d'être enregistrés sur le secteur de Merlebach et que toutes les incidences de la remontée de l'eau sur ces mouvements suite aux arrêts des exhaures sont loin d'être parfaitement connues.
Il est reconnu qu'il subsiste un secteur particulièrement sensible sur Merlebach dénommé "Sillon profond". Sur ce secteur, la probabilité de désordres dans les terrains pendant la remontée des eaux de mines est reconnue. A ce propos, le CEME (Collectif Environnement Moselle-Est) s'interroge sur la constructibilité à l'endroit de l'ancien Parc à Charbon de Béning. Ce secteur fait partie de l'un des points possibles d'implantation du futur Pôle Hospitalier du Bassin Houiller. Or ce secteur a été l'objet de fréquents affaissements (réfection complète d'un viaduc autoroutier par exemple) , il est sensible aux inondations…La DRIRE n'a pas minoré les influences minières sur ce secteur.
Il appartiendra aux élus et aux Pouvoirs Publics de faire les bons choix pour la Collectivité.

Sur les risques d'émission de radon dans l'environnement, les Pouvoirs Publics prévoient dorénavant des campagnes de mesures. Le radon est un gaz radioactif qui peut être émis par les terrains, par les matériaux de construction…et par la remontée de gaz de mines.


Sur le surcoût de l'eau potable dans les secteurs Centre et Est de Moselle-Est.
L'exploitation minière, a eu comme conséquence, la baisse de la nappe phréatique, la perte de forages d'eau potable, l'augmentation des teneurs en chlorures…Tous ces désagréments ont imposé de coûteuses mesures d'adaptation qui se répercutent sur le coût de l'eau potable facturée aux usagers. Le CEME (Collectif Environnement Moselle-Est) demande une compensation pour les usagers à ce titre.

Sur les victimes de dégâts miniers.
Parmi les 350 familles sinistrées du bassin houiller qui ont saisi le Fonds de Garantie, moins du tiers ont reçu une indemnisation et encore très partielle car elle ne prend en compte que les dégâts postérieurs à septembre 1998.

Sans le moindre scrupule, les Charbonnages de France s’apprêtent à quitter la scène en abandonnant des centaines de familles du bassin houiller à leurs maisons en pente et gravement endommagées.
A Rosbruck, par exemple, toutes les maisons ayant subi l’exploitation minière sont en pente, souvent très importante : plus de 100 maisons présentent une pente supérieure à 10mm/m (soit plus de 5 cm de faux niveau dans une pièce d'habitation) ce qui partout ailleurs en France, en dehors du bassin houiller, serait considéré comme intolérable.

Les Charbonnages, responsables d'affaissements miniers de plus de 15 mètres de hauteur sur ce secteur, ont proposé des solutions inacceptables : rafistolages de fortune, indemnisations au rabais…et clament qu'il n'y a pas de problèmes. Les victimes n'ont comme solution que d'accepter la potion amère des Charbonnages ou d'aller en justice. Dans cette affaire, le CEME (Collectif Environnement Moselle-Est) constate la plus parfaite collusion entre les Charbonnages, les Pouvoirs Publics et les gouvernements successifs.
Tout le monde connaît la solution: il suffit d'une adaptation de la loi sur les risques technologiques pour que les dégâts miniers du charbon soient pris en compte comme ils le sont dans les mines de fer. Mais de ceci il n'est pas question. Les Charbonnages, les Pouvoirs Publics et le gouvernement font le pari qu'il y urgence à ne pas bouger et que les délais de la justice sont suffisamment dissuasifs pour faire capituler les victimes. Les associations de défense des sinistrés vont continuer le combat le temps qu'il faudra.

Suite des travaux du GIATM (Groupe d'Information sur l'Arrêt des Travaux Miniers)
En 2008, après la disparition des Charbonnages, le GIATM (Groupe d'Information sur l'Arrêt des Travaux Miniers) continuera de se réunir. L'Etat se substituera aux Charbonnages notamment via les services du BRGM qui s'installeront à Merlebach. La structure du GIATM (Groupe d'Information sur l'Arrêt des Travaux Miniers) sera étoffée suite à une circulaire ministérielle qui demande d'intégrer les parlementaires et les associations de victimes.


Sur le redéveloppement économique de Moselle-Est.
Les Pouvoirs Publics et les Charbonnages ont mis en place des Fonds d'Industrialisation qui ont tenté d'impulser la création de nouvelles activités dans les bassins charbonniers français. Les acteurs sociaux feront un bilan détaillé des attentes encore non satisfaites à ce niveau. Le CEME toutefois regrette que les Charbonnages n'aient pas initié de grands projets dans le domaine de l'environnement et de l'énergie : centres de recherches et d'applications dans différents domaines : charbon propre, dépollution, biomasse, solaire.


Pour le Collectif,
Michel Chardon





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