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Index des articles > Après-Mines > Rosbruck le village qui sombre

Article posté par Bernard


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Dégâts miniers


Rosbruck, le village qui sombre


Par La rédaction de LA SEMAINE • La rédaction • 18/01/2016 à 07h00


Rosbruck, petit village de Moselle Est de 865 âmes, paye encore les conséquences de l'exploitation de son sol riche en charbon. De 1984 à 2003 (fermeture de Dora, dernière veine en activité), les Houillères de Lorraine (HBL), puis l'établissement public industriel et commercial Charbonnages de France (CdF) ont fait primer l'extraction sur tout le reste, laissant le village s'affaisser progressivement.

Quand on arrive à Rosbruck depuis Metz par l'axe routier qui scinde le village en deux parties, rien de particulier à signaler à première vue. A droite de la route, les bâtiments municipaux. L'église, le clocher, la mairie, l'école. Sur la gauche, une station-service, et un lotissement un peu plus loin dans les terres, vers la forêt. Mais à y regarder de plus près, ça vous saute aux yeux : Ça penche ! Dangereusement d'ailleurs, comme en atteste l'écriteau apposé sur des barrières de sécurité qui entourent le clocher : « Attention risque de chute de plaque de béton ». La scène est digne d'un film de science-fiction. Tous les bâtiments municipaux et la plupart des habitations ont des formes singulières, rien n'est droit. La faute à l'exploitation intensive du charbon par le biais de techniques peu soucieuses de la typographie.


‘‘Ces personnes qui vivent là n'ont rien demandé’’


Au début, l'extraction du charbon s'effectuait par remblayage, c'est-à-dire que les galeries étaient rebouchées pour combler le vide laissé. Trop coûteuse, cette technique a été abandonnée pour celle du foudroyage. Le principe est sensiblement le même, mais les galeries ne sont pas rebouchées et finissent par s'effondrer. Voilà ce qui a véritablement foudroyé le village, qui s'est affaissé de 15 mètres par endroits, lézardant au passage les bâtiments, et causant d'autres problèmes. « Ces personnes qui vivent là n'ont rien demandé », proclame Pierre Steininger, maire de la commune.
D'autant que la Rosselle, cette rivière qui passait en dessous du village au début des années 1980, se retrouve à passer au-dessus depuis l'affaissement. Elle pourrait être la source de graves inondations, même si une digue et une station de relevage ont été installées. « L'eau descendrait, en cas de crues importantes, vers le point le plus bas du village et à une vitesse folle. Les conséquences pourraient être dramatiques en cas de pluies diluviennes », précise maître Vincent Guiso.
Le préfet a décidé l'instauration d'un plan de prévention du risque inondation (PPRI), qui ne convient pas aux habitants puisque les gens doivent équiper leur maison d'aménagements pour pouvoir accéder au toit, en majeure partie à leurs frais. Le fonds Barnier apporte une aide, jugée trop faible par le maire de Rosbruck. 33 habitations ont été placées en « zone rouge » pour le risque d'inondation, causant du même coup une importante dévaluation des maisons.




La mine au cœur de trois procès

Huit ans maintenant que l'avocat messin Xavier Iochum défend les intérêts de Rosbruck. En cours de chemin, il s'est allié à son homologue Vincent Guiso. Leur objectif : dédommager les habitants et la municipalité qui souffrent encore aujourd'hui des séquelles de l'exploitation du charbon.


La municipalité de Rosbruck et ses habitants sont engagés dans trois procès différents contre Charbonnages de France (CdF), aujourd'hui en liquidation et dont l'existence n'est plus que juridique.
Un premier procès a été engagé par la municipalité : « On intervient au niveau des bâtiments municipaux. L'église, le clocher, la mairie, l'école... », signale maître Iochum. En 2008, une première expertise estimait le coût des réparations des bâtiments de la municipalité, que devrait payer CdF, à 800 000 euros. Une somme jugée « ridicule » par l'avocat, qui a demandé une nouvelle enquête par un professionnel non lorrain pour des soucis d'objectivité. Une requête acceptée par le tribunal de grande instance de Sarreguemines. L'expert lyonnais envoyé sur place, Francis Bardot, arrivait lui, après quatre ans d'expertise (2011-2015), à la somme de 8 700 000 euros. « On est parti de 1 et on arrive à 10 » se félicite Xavier Iochum. « On a bien fait d'avoir permis à des experts non issus de Moselle-Est, de venir » ajoute son associé, Vincent Guiso. En début d'année, le tribunal de Sarreguemines devrait rendre sa décision : valider ou invalider cette expertise.
« On a bon espoir que l'expertise soit validée », explique le maire de Rosbruck Pierre Steininger, dont le besoin d'argent pour sa collectivité est vital : « Au niveau des finances de la commune c'est le Titanic ». Une image on ne peut mieux choisie quand on sait que le village est littéralement en train de sombrer, au point de se retrouver en dessous du niveau de la Rosselle, cette rivière qui traverse le village.


Les habitants espèrent être dédommagés

Les deux autres procès concernent les habitants de Rosbruck. 16 familles en ont intenté un contre CdF pour la valorisation négative de leur bien « car la perte de valeur est incontestable » selon maître Iochum, qui a demandé une expertise pour estimer leur préjudice, prévue pour 2016.
Parallèlement à cela, 45 familles ont eu recours à la justice contre CdF afin d'obtenir des « indemnités de pente », pour des détériorations apparues avant 1998. Problème : les expertises ouvrant droit à une indemnisation prennent uniquement en compte les dégâts avérés après cette date. Or, « les influences les plus néfastes de l'après-mines se sont déclarées avant 1998 », tient à préciser le maire. Les habitants dont les dégâts ont été expertisés après cette date, soit de 1998 à 2003, ont déjà reçu une aide.
75 maisons démolies
Lionel est propriétaire à Rosbruck depuis cinq ans et a acheté sa maison en connaissant la particularité du village : « Ma maison a été relevée, mais il se peut qu'elle bouge encore. Les maisons ont des problèmes mais les gens ont déjà touché de l'argent ou des travaux ont été faits ». Pour d'autres habitants, l'aide est jugée insuffisante par rapport au préjudice.
A Rosbruck, près de 75 maisons ont été démolies, il y a deux semaines pour la dernière en date, et autant ont été reconstruites. Certaines ont bénéficié de travaux de relevage. C'est le cas de celle du maire, qui témoigne : « Les travaux ont duré dix mois et il faut vivre avec le bruit perpétuel du marteau piqueur. »
Du bruit, Rosbruck et ses habitants en ont fait ces dernières années pour que CdF les dédommage d'une exploitation de charbon dont ils souffrent encore aujourd'hui. 2016 devrait apporter plusieurs réponses, à la commune, tout comme aux gens. « C'est un combat de longue haleine qui mérite d'être mené. Quand on se bat, on obtient », conclut Xavier Iochum.





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