A quand une prise de conscience des parlementaires

Agence nationale de prévention des risques miniers et FNADVDM rejettent en bloc l'ennoyage, et dénoncent le manque de mobilisation des parlementaires lorrains sur le sujet

MONTOIS-LA-MONTAGNE.- Hier à Montois-la-Montagne, la Fédération nationale d'associations de défense de victimes de dégats miniers rencontrait l'Agence nationale de prévention des risques miniers. Pour aborder, une énième fois, les dangers de l'ennoyage du bassin Nord et le scandale des indemnisations sans cesse retardées. La rengaine ne change pas, la réponse gouvernementale ne cesse d'être repoussée. Quant aux parlementaires lorrains, seuls quelques-uns, toujours les mêmes, semblent se soucier du sujet. Hier matin, le premier face-à-face officiel de l'Agence présidée par Guy Vattier, maire de Briey, et de la FNADVDM, s'est déroulé sans heurts.

Qu'on soit sénateur comme Jean-Louis Masson, député comme Jean-Yves Le Déaut ou représentant des victimes comme Alain Cittadini, l'heure est au sentiment de trahison, d'abandon. Il y a peu, la FNADVDM créait une commission technique, composée notamment d'anciens mineurs, porions, chefs d'exploitation, contremaîtres et ingénieurs. Autant de témoins de la santé du sous-sol lorrain, jamais écoutés par la Drire ni Geoderis, carrément ignorés par le Gouvernement, mais reconnus par les membres de l'Agence. Leur avis est pourtant sans appel: "Choisir l'ennoyage sans consolidation préalable et sans poursuite du pompage des eaux d'exhaure, c'est favoriser de nouveaux affaissements". Or le redémarrage de l'ennoyage est prévu pour octobre 2003.

Escroquerie intellectuelle

Pour Jean-Louis Masson, sénateur membre du conseil d'administration de l'Agence nationale de prévention des risques miniers, "il est impératif de surseoir à l'ennoyage pour consolider. Et de ne pas entrer dans la logique de discussion du Gouvernement, qui croirait qu'on se fait à l'idée". Et le sénateur de dénoncer "l'escroquerie intellectuelle" d'un Etat qui "joue la montre quand il devrait se soucier de prévention, plus encore que d'indemnisation". Furieux, il ajoutera ressentir cette attitude comme une marque de "mépris à l'égard des victimes". Un sentiment partagé par le député Le Déaut, qui dénonce "l'absence de solidarité des parlementaires lorrains sur la question des affaissements".

Pas de quoi rassurer les membres de la FNADVDM et de la commission technique, qui finissent par se demander s'ils seront entendus un jour. A l'image d'Alain Cittadini: "Des promesses, on nous en a fait des tas, à chaque fois suivies d'une grosse déception". Pour l'heure, tous souhaitent une future montée en puissance de l'Agence, dont le président lui-même a reconnu l'actuel peu de moyens. Et une prise de conscience des élus des différentes régions minières de France, "toutes appelées à connaître un jour ce type de problème". L'heure est venue de sortir la tête du sable.

Céline Gobert.
Paru le : 13/04/03 (Briey / Actualité)


Article écrit par Républicain Lorrain le Jeudi 1 janvier 1970 à 01h00

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