Le collectif de défense en ordre de bataille

SOCIAL -communes minières
Le collectif de défense en ordre de bataille
Tout faire pour que le nouveau dispositif d'indemnisation débattu par l'Assemblée nationale ne soit pas voté par le Sénat : tel est l'objectif du collectif de défense des communes minières.

JOEUF.- Dans un grand élan de naïveté, on aurait pu croire que le débat à l'Assemblée nationale, en première lecture, du projet de loi sur les risques technologiques et naturels, apporterait une bouffée d'oxygène aux sinistrés des affaissements miniers. Que les carences de la loi après-mine de 1999 seraient comblées. Il n'en a rien été. Hier soir en mairie de Joeuf, au cours d'une réunion de travail préliminaire au conseil d'administration du collectif de défense des communes minières, le député Jean-Yves Le Déaut a annoncé la couleur. "Non seulement le texte n'a pas été amélioré, mais en plus le gouvernement a montré qu'il n'entend pas assimiler le risque minier au risque industriel."

Autrement dit, alors que les dossiers des risques naturels par exemple -crues, inondations- jouissent de bonnes avancées, le code minier reste le parent pauvre des discussions parlementaires. Et le conseil d'administration rit jaune en évoquant le nouveau terme juridique entériné par l'amendement gouvernemental : la "réparation intégrale". Exit la valeur vénale, le bien de confort et consistance équivalents, la reconstruction à neuf. Bienvenue dans la métaphysique kafkaïenne de l'administration, qui nécessitera de nouveaux décrets d'application... Dans un an, peut-être deux, peut-être plus. Pendant ce temps-là, les sinistrés ne verront toujours pas le moindre sou venir à l'horizon. De plus, face au refus gouvernemental de faire remonter la rétroactivité à 1994 pour les indemnisations, Piennes et Landres n'ont plus que leurs yeux pour pleurer.

Les nuages s'amoncellent au-dessus des bassins miniers. "Le nouveau dispositif ne règle rien. On craint que les sinistrés ne soient mis en demeure d'accepter les dernières propositions, vraiment minimalistes, de l'Etat. Concernant l'ennoyage du bassin nord, un arrêté ministériel prévoyait qu'il n'y ait aucune décision avant octobre 2004. Une date avancée, pour des raisons techniques nous dit-on, à l'automne prochain. Mais il n'est plus question de consolidation ou de comblement" résume la présidente du collectif, Colette Goeuriot. Pour qui est venu le moment de se mettre "en ordre de bataille."

Car il reste un espoir : celui que les sénateurs ne votent pas l'amendement gouvernemental en l'état, puisque toute partie du texte votée de manière identique est considérée comme définitive. Dans les prochains jours, le collectif va retrousser les manches en diffusant largement des tracts. Des délégations iront plaider la cause des sinistrés auprès des treize sénateurs lorrains ("dans un esprit parfaitement républicain" a souligné le maire de Joeuf et conseiller général André Corzani). Défis suivants : l'organisation d'une manifestation à Metz mi-juin et la tenue d'une réunion à Rosbruck sur l'après-mine dans le bassin houiller.

Mais les douze maires du canton de Fontoy ont d'ores et déjà annoncé qu'aujourd'hui même, ils remettraient leurs écharpes en sous-préfecture de Thionville. Une démarche de protestation symbolique qui pourrait aboutir à une démission collective.

Sandrine Pelaez.
Paru le : 08/04/03 (Briey / Actualité)


Article écrit par Républicain Lorrain le Jeudi 1 janvier 1970 à 01h00

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