Dégâts miniers: menaces de la Fédération nationale

Dégâts miniers: menaces de la Fédération nationale
Réuni au siège de la Fédération nationale à Montois, le conseil d'administration a déploré la lenteur des décisions concernant le règlement des indemnisations concernant l'ennoyage. Elle menace d'actions concertées d'envergure.

MONTOIS-LA-MONTAGNE.- Les principaux responsables ont présenté le bilan par secteur. C'est ainsi que Ginette Becker, présidente de l'ADVDM de Moyeuvre, s'est insurgée devant la lenteur du règlement des indemnisations des sinistrés : "L'Etat français attend certainement un nouveau décès ou une nouvelle catastrophe pour bouger son petit doigt, ça suffit, y en a marre !> a-t-elle lancé. Au bout de 5 ans, de nombreux sinistrés ne peuvent toujours pas faire de projet avec une indemnisation jugée "misérable>.

De son côté, Roger Evrard, président de Roncourt Solidarité, attend avec impatience le résultat de l'expertise judiciaire: "Plus de quatre ans, cela devient intenable>. Pour le bassin de Landres, des expertises sont en cours, 54 familles sont concernées "pour des affaissements qui remontent à 6 ans et reconnus dégâts miniers> a souligné le président. La situation dans le bassin houiller est différente : "L'exploitant est toujours présent, il relève les maisons ou fait des travaux qui ne satisfont pas les gens> a précisé Bernard Glanois, président du CLCV de Rosbrück en ajoutant : "Alors que les pentes sont souvent énormes, le relevage est imposé même si le propriétaire est contre. Et cela coûte souvent 2 à 3 fois plus cher qu'une indemnisation à valeur identique ou qu'une construction neuve>. Une situation mal vécue par les habitants.

Les leçons du passé

La situation dans le Bassin Nord se dégrade également, à Fontoy, la zone d'habitation route de Longwy est classée "à affaissement brutal". Il en découle une surveillance par les services de l'Etat ainsi qu'une évaluation des Domaines : "Nous avons été prévenus d'une évaluation globale de l'habitat par les domaines> a précisé Claude Gillet, de la commission technique de la Fédération : "Les gens ont subi des pressions intolérables. Mais, sur les 22 familles, 17 ont refusé l'entrée aux inspecteurs des Domaines>. Une grosse désillusion : "Les leçons du passé, Moyeuvre, Roncourt n'ont pas servi. Les pouvoirs publics persistent et signent dans leurs erreurs. L'heure est grave, le drame humain est occulté> a accusé Alain Cittadini, le président de la FNADVDM.

Passer aux actes

Pour les associations du bassin Nord il n'y a pas deux alternatives : "Un seul mot : consolidation des zones habitées. Pas besoin d'études de faisabilité, nous sommes en mesure de donner le cubage pour le comblement de telle ou telle zone, assez de dépenses inutiles> ont-elles clamé ensemble. Les associations sont écoeurées d'apprendre que le ministre de l'Industrie Nicole Fontaine veut cesser toute coordination avec les associations: "On est loin du discours de M. Raffarin à la Région le 17 juillet dernier>.

Les sinistrés et leurs représentants vont réagir : "Lorraine debout. Il est temps de passer aux actes pour défendre nos intérêts> a lancé Alain Cittadini. L'idée de verser les impôts à la Caisse de dépôt et de consignation est avancée "pour rester dans la légalité". S'il le faut, les associations du bassin Nord vont demander aux élus de déposer leurs écharpes à la Préfecture.

Paru le : 24/11/02 (Briey / Actualité)


Article écrit par Républicain Lorrain le Jeudi 1 janvier 1970 à 01h00

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