Water Makes Money, mardi 22 mars sur ARTE



Water Makes Money,

de Leslie Franke et Herdolor Lorenz,
mardi 22 mars sur Arte.


Huit Français sur dix achètent désormais leur eau à Veolia en premier lieu, à Suez dans une moindre mesure et enfin à la Saur. Peut-être auront-ils remarqué que leurs factures augmentent à mesure que ces entreprises font des profits colossaux ? Water Makes Money, réalisé par Leslie Franke et Herdolor Lorenz, montre les méthodes qui permettent, à Veolia en particulier, de s'enrichir sur le dos des usagers.

Le film rappelle par exemple que lors de la signature du contrat de concession avec Toulouse, Veolia a versé à la ville 473,5 millions de francs, une manne inespérée que Dominique Baudis, le maire de l'époque, a notamment utilisé pour subventionner la construction de bâtiments publics et baisser les impôts. Les années suivantes, l'usager a vu le prix de l'eau augmenter régulièrement. Selon les estimations, fin 2020, Veolia aura encaissé plus du triple de sa mise de départ. Merci les Toulousains !

Plus largement, Water Makes Money dénonce les financements opaques, le manque de contrôle démocratique, les augmentations continues de prix à long terme, le mauvais entretien des canalisations (peu importe les fuites puisque l'eau est payée par l'usager), l'utilisation systématique et parfois inutile de chlore... Il montre à quel point Veolia est bien introduit dans les hautes sphères politiques (quelques exemples parmi d'autres : Stéphane Richard, ex-chef de Veolia Transport est devenu en 2007 directeur de cabinet au ministère de l'Economie et des Finances ; Dominique de Villepin fut brièvement conseiller international chez Veolia...). Et à en croire un spécialiste des lobbys interrogé, Veolia est très ancrée dans les arcanes de l'Union Européenne. Les auteurs évoquent même dans le film une corruption structurelle.

 


Article écrit par Bernard le Mardi 8 février 2011 à 21h30

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