Nuisibles: L'ADELP s'adresse au Préfet.



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Monsieur Bernard NIQUET
Préfet de Région
BP 71014
METZ Cedex 1


LRAR

Saint-Avold, le 23 juillet 2009



Objet ; demande de recours gracieux concernant l’arrêté 2009-DDAF/3-181


Monsieur le Préfet de la Région Lorraine, Préfet de la Moselle

Nous avons l’honneur de vous demander un recours gracieux concernant l’arrêté 2009-DDAF/3-181 en date du 8 juin 2009 fixant la liste et les modalités de destruction des animaux classés nuisibles pour la période comprise entre le 1er juillet 2009 et le 30 juin 2010, dans le département de la Moselle paru dans l’édition Spéciale N° 42 du 22 juin 2009 du RAA.
Nous savons les enjeux de cette catégorisation déterminant si les espèces examinées présentent une nuisance importante justifiant des mesures de protection tant dans l'intérêt de la santé et de la sécurité publiques, que pour prévenir les dommages importants aux activités agricoles, forestières et aquacoles et pour la protection de la flore et de la faune. Or, il n’apparaît pas de preuves justifiant du caractère de nuisibilité de plusieurs des espèces répertoriées dans cet arrêté.


Bien au contraire certaines espèces considérées comme des ravageurs, tels les mulots et campagnols, n’y figurent pas, alors qu’elles se trouvent justement être les proies d’espèces listées dans l’arrêté et destinées à la destruction pure et simple. Secondairement - comme beaucoup d'autres plantes invasives - la renouée fait reculer bien davantage les populations d’oiseaux ainsi que de nombreux mammifères. Le réchauffement climatique semble avoir déjà favorisé l’implantation croissante d’espèces non indigènes dont les premières sentinelles et défenseurs sont certaines des espèces listées. Des observatoires de la biodiversité ou divers organismes (conservatoires botaniques, agences de l'eau, Muséums, ONG, naturalistes surveillent de plus en plus l'apparition et la diffusion de ces invasives mais ils n’ont pas été consultés dans l’élaboration de l’arrêté pas plus que des associations de protection de l’environnement, et, à nos yeux, bien que la Loi ne l’impose pas, il n’y a pas d’équilibre ni d’équité des parties qui vous ont présenté leurs argumentaires.



Les gouvernements français laissent la nature au gré des humeurs des élus locaux, généraux et régionaux et tout ce qui reste de la richesse biologique française est de plus en plus saucissonné par des autoroutes souvent inutiles, des déviations, des ronds-points ou des voies express à quatre voies hérissées de clôtures.

Si on ajoute à ces agressions ordinaires ou extraordinaires l’agriculture intensive, les pesticides, la prolifération de l’urbanisation anarchique, la pollution et le recalibrage des rivières, l’assèchement des marais et la destruction de zones humides, les cultures dont surtout celle du maïs n’importe où, des chasseurs ou des agriculteurs qui sèment des pièges et des appâts empoisonnés touchant aussi des espèces non listées dans l’arrêté, pour les mammifères comme pour les oiseaux, les tirs illégaux, la multitude de petits animaux écrasés sur la route parce qu’il n’existe pas d’aménagement sécurisé permettant leur passage , le braconnage, etc. , la pression exercée sur la faune est déjà exagérée.

La crise que traverse la vie sauvage est bien pire que la crise économique et c’est pourquoi, nous vous prions d’accéder à notre requête d’annuler l’arrêté 2009-DDAF/3-181 en vue d’en exclure dans un premier temps notamment les mustélidés suivants, à savoir belettes, putois, martres et fouines.


Dans l’attente de vous lire, veuillez agréer Monsieur le Préfet, nos salutations les plus respectueuses


Le Président de l’ADELP
Michel KASPAR





Article écrit par Comité le Vendredi 4 septembre 2009 à 22h01

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