Collectif de défense des victimes des dégâts miniers 'Nous n

Collectif de défense des victimes des dégâts miniers  
'Nous ne sommes pas dupes'
Début janvier, le député Jean-Yves Le Déaut avait rencontré des habitants du Bassin houiller pour évaluer l'application de la loi après-mines. Si l'analyse satisfait le collectif de défense des victimes des dégâts miniers, les propositions paraissent maigres. Ses responsables ont décidé de bloquer l'accès à Rosbruck le 27 avril.

FORBACH. - "S'il n'était pas venu sur place, on n'aurait pas eu le droit de citer dans ce document", assure Francis Prymerski. Comme tous les membres du collectif de défense des victimes des dégâts miniers, le vice-président de la CLCV de Rosbruck attendait beaucoup du rapport du député Jean-Yves Le Déaut, suite à sa visite dans le Bassin houiller en janvier. "Cela montre qu'on existe." En effet, le message que les associations ont voulu faire passer a été entendu. Dans son rapport, Jean-Yves Le Déaut a pris en compte leurs doléances. "Ce rapport dresse un constat accablant pour les HBL et l'Etat. Les dysfonctionnements qu'on dénonce depuis des années sont enfin écrits noir sur blanc, indique Bernard Glanois, président de la CLCV de Rosbruck. Les faits, rapportés par une commission parlementaire, seront dorénavant difficilement contestables par les HBL et utilisables par les sinistrés, en particulier devant la justice."

Mais les responsables ne veulent pas se contenter de cette avancée. Et déjà ils tirent la sonnette d'alarme concernant l'après-mines, en se basant sur ce qu'a connu le bassin ferrifère. "On veut se servir des erreurs commises pour qu'elles ne se reproduisent pas chez nous. On exige que des études approfondies soient menées. Et qu'on en tienne compte pour ne pas arriver aux mêmes aberrations que dans le bassin ferrifère où on caché la vérité à la population. Nous ne voulons pas être sacrifiés au profit des intérêts économiques et industriels", martèle Daniel Greney.

"De belles paroles mais peu d'actes"

Car si l'analyse de la situation réjouit les responsables des associations de sinistrés, en revanche, "les propositions sont très en retrait par rapport à ce qu'on attendait. Elles vont dans le bon sens mais pas jusqu'au bout. Elles sont souvent assez imprécises et laissent ainsi place à des interprétations divergentes", intervient Norbert Scheidt de la CLCV. "Derrière les belles paroles, on ne sent pas la volonté d'agir", renchérit Ernest Weber, secrétaire de l'association Cocheren-Morsbach.

En clair, ils ne se font guère d'illusions. "Le Déaut est venu pour nous rassurer mais son rapport finira aux oubliettes. Nous dénonçons la duplicité du gouvernement qui n'a jamais témoigné sa volonté d'améliorer la situation des sinistrés." Ce sentiment est étayé par une lettre de Christian Pierret, secrétaire d'Etat à l'Industrie, aux préfets. "Dans ce courrier, il donne des instructions telles qu'il exclut tous les sinistrés, car il impose des conditions cumulatives." Les responsables accusent l'Etat de vouloir les rouler dans la farine. "Mais on ne se laissera pas berner", reprend Francis Prymerski.

Manifestation à Rosbruck le 27 avril

Le collectif, "conscient que l'ennoyage aura des conséquences catastrophiques dans le Bassin houiller", exige que les études spécifiques aux HBL, préconisées par le rapport parlementaire, soient entreprises sans délai et les résultats rendus publics; que les collectivités n'aient pas à leur charge les dépenses qui devraient être supportées par les HBL; que le dossier d'abandon de concession des HBL soit une procédure publique donnant lieu à un large débat; que les solutions techniquement et économiquement réalistes soient mises en oeuvre et que la structure de gestion des eaux prévue dans le rapport parlementaire soit mise en place dès à présent afin d'assurer les ressources en eau potable et industrielle.

Pour cela, le collectif de défense des victimes des dégâts miniers est prêt aux grandes manoeuvres. "Nous voulons profiter de la période des élections pour agir. C'est la seule période où on peut se faire entendre." L'éventualité de présenter un candidat aux législatives est toujours d'actualité. En attendant, une action est déjà prévue pour le samedi 27 avril. De 10 h à 18 h, l'accès à la commune de Rosbruck sera impossible. Les entrées du village seront bloquées par des membres du collectif, afin de sensibiliser la population.

Paru le : 20/04/02 (Forbach / Actualité)


Article écrit par Républicain Lorrain le Jeudi 1 janvier 1970 à 01h00

[ Imprimer ] - [ Fermer la fenêtre ]